Du côté des syndicats, ce 1er Mai se fera en ordre dispersé. À Paris, la préfecture de police craint des débordements par « des groupes extrémistes ». Manifestations pour les uns, projection de film pour les autres, le 1er Mai syndical sera à nouveau organisé en ordre dispersé, avec un risque de débordement par des groupes extrémistes dans le défilé parisien. Traditionnellement, la Journée internationale des travailleurs n'est pas l'occasion de faire bloc pour les syndicats, à quelques exceptions près, comme le 1er mai 2002. Ce jour-là, 1,3 million de personnes avaient manifesté (selon le ministère de l'Intérieur) à l'appel de la CGT, de la CFDT, de FO, de la FSU et de l'Unsa pour « faire barrage » à Jean-Marie Le Pen. L'an passé, les syndicats n'ont pas réussi à s'entendre sur une position commune face à la présence de Marine Le Pen au second tour de l'élection présidentielle.
Cette année ne fait pas exception en termes de division des centrales syndicales, malgré un contexte social agité et les appels de Philippe Martinez, numéro un de la CGT qui défilera à Paris, à une « convergence des luttes ». Or, ce n'est « pas la tasse de thé de la CFDT », tranche son numéro un, Laurent Berger, qui considère que ce mode d'action « ne permet jamais d'avoir des résultats concrets pour les travailleurs ». Emmanuel Macron, qui mène les réformes tambour battant depuis un an, n'y croit pas non plus, considérant que les « mécontentements » ont « peu à voir » entre eux. Mais pour rester audibles, le secrétaire général de la CGT insiste sur le fait que « les syndicats doivent se parler plus souvent ».
Si le nouvel homme fort de Force ouvrière, Pascal Pavageau, se montre ouvert au principe d'une construction d'«unité la plus large» entre syndicats, sa centrale va rester fidèle à son habitude de faire bande à part le 1er Mai. Le dirigeant fraîchement élu à la tête du troisième syndicat français a choisi ce jour pour présenter sa nouvelle équipe, lors d'une conférence de presse. Son prédécesseur Jean-Claude Mailly ne manifestera pas non plus, préférant «rester au calme».